Dictionnaire

Métaphore

[nom commun]Foireuse, la figure de style la moins entendable avec sa cousine, l’analogie foireuse. C’est le malheureux favori recours du semi-habile dépourvu aussi bien de vocabulaire que d’imagination. Demi-habile, qui a besoin pour comprendre, qu’on lui explique une chose comme si c’était une autre chose. Comme une chose qu’il pourrait connaître, habituellement de pauvres choses.

Un jour, cézigue m’expliqua l’organisation de l’entreprise en ce langage :

“Voilà, comme ça, on est tous une belle équipe. Le chef, c’est bien entendu le capitaine, c’est un cérébral,tu vois. Les techniciens, les tâcherons, tu vois, les défenseurs. C’est pas parce que tu restes en arrière que tu peux pas marquer un but de temps à autre… ahahah. Et les secrétaires, les gratte-papiers, tout ça, c’est les gardiens de but, c’est les moins bien payés mais c’est les joueurs les plus importants, bien entendu. Et les attaquants, les superstars, les beaux gosses, c’est les commerciaux, de toute évidence.”

Comme si ce n’était pas suffisamment gênant de parler avec aplombs et morgue de la vie d’entreprise, on peut encore _filer _ la métaphore, comprendre l’aggraver.

“Eh puis, le terrain, c’est le marché, tu vois, faut occuper le terrain. Et la balle, qu’est-ce que ça peut être la balle?.. Et la foule, c’est les éventuels prospects, c’est les leads… Enfin, t’as compris, on est une équipe, quoi.”

Notez qu’aussi visqueuse qu’elle puisse être, cet hallali est encore supérieur à la réalité. Un véritable moyen manager est beaucoup trop smart pour produire des phrases en plus de 140 caractères. Cela nuirait à ses KPIs. Ils s’en trouverait vert, jaune, ou même bleu, peut-être.

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