Billet de blog
Le sublime est le frère siamois du sordide
Quelques mots pour inaugurer le journal d’UBI TURBI.
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Ça a commencé comme ça. Un soir que je rentrais d’une interminable journée qui ne m’appartenait pas. Je roulais comme un dératé les quatre heures qui me séparaient de mon modeste logis.
Je me demandais ce qu’il restait de la vie une fois toutes les pressions externes satisfaites. Lorsqu’on obtient enfin quelques minutes à la fin du jour après avoir justifié qu’on nous permette d’acheter notre pitance à d’autres hères pas mieux rendus.
Ainsi, que reste-t-il ? Je peux nourrir ma descendance que je n’ai pas le loisir de regarder grandir. Je ne sais pas faire grand-chose de mes mains, dans le vrai monde, outre la petite chose que je fais tous les jours et au nom de laquelle on m’accorde la sublime offrande d’un quignon de pain.
Une fois le terminus biologique atteint, que restera-t-il de moi ? Tous mes objets sont atroces, aucun ne mérite d’être conservé.
Cela est dû au fait que l’immense partie de mon existence se déroule dans ma tête et que le monde réel n’a aucune place pour recevoir son contenu. Je trime, je chie, je dors, sans même y penser, à perpétuité.
Il est devenu impossible de vivre toujours en mourant honorablement au combat, même la guerre est devenue à chier, il va falloir trouver d’autres moyens de s’éterniser.
Bienvenue sur Ubi Turbi, ici c’est le bordel, n’oublie pas de t’échauffer.